几内亚媒体批评英国力拓公司在西芒杜铁矿项目上圈而不采
几内亚媒体批评英国力拓公司在西芒杜铁矿项目上圈而不采
几内亚当地媒体Guineenews4月11日刊登长篇分析文章,批评英国力拓公司自1996年在西芒杜铁矿区探矿以来,20年过去了,依然不投资进入实质性开采,采取“圈而不采”的拖延战术;使得几内亚政府和人民希望依靠开采矿业资源发展本国经济的梦想无法顺利实现。
前不久,英国力拓公司向10余家欧美日大型商业银行融资44亿美元,用于开发蒙古Oyu Tolgoi铜矿。
几内亚媒体认为,力拓公司能够融资44亿美元开发蒙古的铜矿,但却迟迟不融资开发几内亚的西芒杜铁矿,说明力拓具备国际融资能力,只是不想、不愿意融资。
驻几内亚使馆经商处
2016年4月24日
Dossier – Rio Tinto lève 4,4 milliards USD en Mongolie : Face à l’incurie de l’État, Simandou est-il enterré ?
La saga de Simandou qui a réduit les autorités guinéennes au silence à cause des mauvais choix économiques et miniers sapant l'espoir de millions de Guinéens de voir ce projet tant rêvé par nos populations s'éteindre petit à petit, continue de causer l'indignation en Guinée. En effet, le président Alpha Condé, obnubilé à faire de la Guinée un boom minier ou l'eldorado de l'Afrique de l'ouest avait fait appel à l'aide du milliardaire israélo-américain George Soros, qui, à travers ses réseaux internationaux a fait un code minier moins attrayant dans sa forme initiale pour le secteur minier guinéen en 2011. À celui-ci, s’ajoute l’ancien premier ministre britannique Tony Blair. Or, Soros et Blair ne connaissent rien et n'ont aucune expérience relative au secteur minier. Et le président guinéen, croyant à la viabilité de Simandou y avait mis toute son "énergie" lors de son premier quinquennat, en vain. Face à cette situation, jugée d'inacceptable qui n'augure aucun espoir à court et moyen termes pour la Guinée, le président Condé, se tourne désormais vers l'agriculture et le secteur énergétique ayant compris qu'il ne pourra plus compter sur les mines pour sortir la Guinée de sa léthargie actuelle pendant son deuxième mandat.
Rio Tinto, après avoir payé 700 millions USD à la Guinée, représentant la plus value de sa transaction avec Chinalco, a réussi à bétonner son projet (les blocs 3 et 4 de Simandou) dont le coût de réalisation est estimé à 20 milliards de dollars américains. En violation flagrante du code minier, le projet (accord cadre d'investissement) a été voté par l'Assemblée nationale et promulgué par le chef de l'État non sans regret des autorités guinéennes ; car le président Condé et le président du parlement guinéen Claude Kondiano ne cachent plus leur amertume vis-à-vis de Rio sur la non réalisation de ce projet, à date, ce malgré les promesses creuses tenues à répétition par Rio. Les deux présidents de l'exécutif et du législatif guinéens se sont rendus compte qu'ils se sont fait berner non seulement par quelques cadres guinéens qui ont travaillé sur le dossier mais aussi par Rio Tinto, elle-même. Puisqu’au moment où les Guinéens s'attendaient à ce que l'anglo-australienne passe à la phase de réalisation du projet, c'est en ce moment qu'elle affirme avoir déposé les études de faisabilité du projet. Cette thèse est confirmée par le ministre des mines et de la géologie Abdoulaye Magassouba, dans son communiqué rendu public le 11 février 2016. Toutefois, curieusement, malgré que lui et son gouvernement continuent de "croire" à ce projet dont la viabilité ne cause aucun problème, le ministre Magassouba n'a même pas parlé de la réalisation de Simandou dans ses priorités, au sortir du séminaire gouvernemental.
Peut-on dès lors en déduire que face à l'incurie du gouvernement guinéen dans ce projet qui a porté espoir chez les Guinéens compte tenu de sa valeur ajoutée pour l'économie guinéenne, de milliers d'emplois connexes qu'il est déjà enterrré par Rio Tinto ?
Il importe de souligner que Rio, dans le but d'empêcher la Guinée de se tourner vers la Chine (Chinalco ?) pour développer Simandou à haut potentiel de fer, puisqu'elle n'est pas prête malgré plus de deux décennies de présence sur le sol guinéen, a anticipé sa joint venture avec Chinalco. Elle a déjà la banque mondiale avec elle à travers la SFI (société de financière internationale) qui détient 5% des actions. Du coup, le géant brésilien Vale ne peut plus faire partie de Simandou, du moins pour l’instant compte tenu du litige qui oppose l’État guinéen avec son partenaire BSGR (Vale avait racheté près 51% des blocs 1 et 2 de Simandou à BSGR pour un montant de 2,5 milliards USD). Les Chinois sont déjà en consortium avec Rio et aucun autre acquéreur ne peut s’hasarder à racheter les permis et titres miniers retirés de BSGR compte tenu dudit litige qui l'oppose à la Guinée devant l’arbitrage international.
Rio Tinto lève 4,4 milliards de dollars US pour réaliser son projet, à Oyu Tolgoi, en Mongolie laissant la Guinée orphéline
Alors que les Guinéens attendent à ce que Rio Tinto et ses partenaires (Chinalco et la SFI) puissent trouver les voies et moyens pour lever les fonds nécessaires pour réaliser le projet Simandou, qui stagne depuis plus de deux décennies maintenant, l'on a appris par la presse internationale qu'elle a réussi à boucler le financement de son projet d’Oyu Tolgoi, en Mongolie. Ce, malgré la morosité du marché. Comment ?
En décembre dernier, Rio Tinto qui utilise toutes sortes de ruses et contorsions en Guinée a bouclé contre toute attente le financement du grand gisement de cuivre-or d'Oyu Tolgoi pour 4,4 milliards de dollars. Comme la Guinée, le gouvernement de la Mongolie est d'obédience socialiste-communiste et était dans un contentieux avec Rio qui trainait les pieds. En novembre 2014, un premier ministre dynamique est nommé dans ce pays, et il a réussi à renverser la tendance. Conséquence pour ce pays, Rio se réengage et mobilise la crème de la crème du monde financier dans les pays en développement : BNP Paribas, Australia and New Zealand Banking Group, ING Bank, Société Générale, Sumitomo Mitsui Banking Corporation, Standard Chartered Bank, Canadian Imperial Bank of Commerce, Crédit Agricole, Intesa Sanpaolo, National Australia Bank, Natixis, HSBC Bank, The Bank of Tokyo-Mitsubishi UFJ, KfW IPEX-Bank and Nederlandse Financierings-Maatschappij voor Ontwikkelingslanden. A la Banque mondiale, la SFI finance (1,2 milliards US dans ce projet), la MIGA (Multilateral Investment Guarantee Agency-Agence de garantie des investissements multilatéraux) garantit des prêts commerciaux de près d'un milliard de dollars, le reste est financé par les agences bilatérales et multilatérales. Ainsi, malgré la morosité du marché, il est possible de mobiliser le financement de gros projets dans des pays à risque, contrairement à ce qu'on fait croire naïvement aux Guinéens.
La Guinée classée parmi les 10 derniers pays les moins attrayants en matière d'investissement minier. Circonstances atténuantes pour Rio Tinto ?
Cette nouvelle a fait la une des milieux miniers en mars dernier en Australie et ailleurs quand le très respecté Fraser Institute a classé l'Australie Occidentale (qui abrite les plus grandes mines de fer du monde, dont la zone de Pilbara de Rio) comme le meilleur endroit pour les investissements miniers. Par contre, notre pays la Guinée qui abrite le Simandou est classé parmi les pays miniers les plus infréquentables du monde d'après le sondage d'opinion des investisseurs miniers du monde réalisé par Frazer Institute (voir le rapport sur https://www.fraserinstitute.org/studies/annual-survey-of-mining-companies-2015).
Selon ce classement, les spécialistes disent qu'aucun pays minier ayant le potential de la Guinée ne présente un climat d'investissement aussi mauvais. Toujours selon ce classement, le Maroc est le premier pays minier le plus attractif en Afrique, suivi du Burkina, mais la Guinée occupe la queue de la liste en Afrique et dans le monde. Autant de pain béni pour Rio Tinto qui aura de bonnes excuses pour ne pas développer le Simandou à cause de la difficulté pour attirer les investisseurs dans le projet.
Cependant, tous les observateurs miniers s'accordent à dire que le projet Simandou a toujours de l'avenir, et la SFI fait bien de le rappeler dans son communiqué au sortir de la conférence d'Indaba, en Afrique du Sud en début d'année 2016. Il faut noter que c'est Rio qui traine les pieds à cause de son aversion pour le risque investissement pays. Mais pour un gisement de la classe de Simandou, c'est un joyau que tout propriétaire développerait quelques soient les conditions actuelles du marché, puisque c'est un gisement qui peut durer entre 50 et 100 ans. Car Rio Tinto n'a pas hésité à mobiliser les milliards de dollars de fonds d'investissement nécessaires pour Oyu Tolgoi en Mongolie malgré la morosité des cours du cuivre. L'industrie minière étant cyclique, tout entrepreneur industriel allait sauter sur l'occasion pour développer en différentes phases ce genre de gisement. Les projets d'expansion au Brésil et en Australie (Pilbara) ne s'arrêtent pas, comme noté plus haut.
En outre, Simandou est le troisième gros gisment pour lequel les conditions du marché sont secondaires, vu la qualité et la quantité de ses reserves. C'est pourquoi les partenaires de Rio (la SFI et Chinalco) sont optimistes pour le long terme, avec ou sans Rio. Cela ne veux pas dire qu'ils sont aveuglés ou qu'ils sont avec le gouvernement. Dans une entreprise commerciale, l'influence sur les décisions se mesure par le niveau de participation au capital. Avec 5% des actions, la SFI (Banque mondiale) ne peut forcer Rio Tionto (46,6% des actions) à prendre une décision pour aller de l'avant avec le projet. Mais si les Chinois (41,3% des actions) s'alliaient avec la Guinée (7,5% des actions) pour contrer Rio, il y aurait une majorité de votes du conseil d'administration pour aller de l'avant avec le projet. Et les Chinois ne sont pas intéressés à jouer ce jeu. C'est donc au gouvernement guinéen de savoir ce qu'il veut et comment renverser la tendance et mettre les chances de son côté pour réaliser un tel projet d'envergure mondiale qui n'a fait que trop perdurer.
En fait, après avoir reporté à mainte reprises l’opérationnalisation de ce projet, Rio Tinto, toujours à la recherche d’un consortium a fixé la phase d’exécution de Simandou en fin 2018. Mais, compte tenu de ses piètres résultats financiers présentés en 2015, une grande incertitude plane encore en ce qui concerne le respect de cet autre calendrier.
L'espoir renaît petit à petit dans l'industrie du fer : Le gouvernement guinéen doit faire ses devoirs
L'espoir commence à renaître en Australie avec quelques bons développements sur les cours du fer, un début de reprise de l'or et une flambée surprenante sur les cours pétrole, a-t-on appris de sources minières. L'Australie et le Brésil ne diminuent pas pour autant leur production et les exportations vers la Chine ne baissent pas non plus. En Australie, les analystes miniers estiment qu’une lueur d'espoir pour le fer se pointe à l'horizon. Ce qui a des implications pour la Guinée. Fortescue, le troisième producteur dans ce pays vient de former une joint venture avec Vale pour mieux attaquer le marché chinois. Les autres producteurs jubilant la flambée de 20% des cours du fer en une journée et y voient un bon signe pour le sort du fer.
Étant donné que Simandou est un projet viable, sur la durée, rien n'empêche Rio Tinto et ses partenaires (Chinalco et la SFI) de lever les fonds pour réaliser Simandou aussi en utilisant le même procédé que celui qu'ils ont fait en Mongolie où ils ont réussi à lever 4,4 milliards de dollars US avec les plus grandes banques au monde. Et pour y arriver, tous les observateurs pensent qu'il faudrait avoir en face un État fort, des responsables courageux, des patriotes convaincus avec des idées fertiles et non ceux attirés par l'appât du gain personnel. Aussi, certains hauts cadres guinéens doivent d'abord reconnaitre leurs tares, les corriger et cesser la démagogie, le mensonge et la flagornerie qui sont devenus une "religion" nationale et un moyen de s'approcher de la mangeoire.


